Projets réalisés

Temps fort avec  Paco Dècina  chorégraphe

 

 Paco Dècina, chorégraphe, est venu partager son univers artistique lors d’un atelier de pratique au lycée Pierre Mendès France avec les élèves de terminale spécialité danse.

 

En décembre 2013, Paco Dècina  embarque pour l’Île Crozet dans le cadre d’expéditions scientifiques et d’exploration de la faune et de la flore. Le chorégraphe napolitain y séjourne quatre mois durant lesquels il capte les sons,  filme l’instant et saisit la lumière propre à ces latitudes. Riche de ces sensations, il  chorégraphie à son retour La douceur perméable de la rosée, et évoque : « la nature comme remède et antithèse de la violence imposée par notre société actuelle. »

« Ici, la nature je l’entends douce, non par son manque de force ou de brutalité, mais plutôt par la générosité de l’espace qu’elle nous offre et par sa disponibilité à être utilisée sans rien nous demander en échange. Même quand on la contemple pendant un simple coucher de soleil, elle se donne à nous toute entière, comme pour nous soulager secrètement du poids millénaire de nos croyances. » Paco Dècina, note d’intention

 

www.pacodecina.fr

 

Le jeudi 3 décembre, les élèves de terminale littéraire du lycée Pierre Mendès France ont pu assister à son Carnet de voyage, projection filmée et commentée par le chorégraphe présent. Il a évoqué son voyage à l’appui d’images,  de ses souvenirs et perceptions. Chacun a pu tisser des liens entre cette première  rencontre et la pièce chorégraphique qui suivait.

Teaser/ La douceur perméable de la rosée, cie Post Retroguardia

 

Les trois danseurs sur le plateau témoignent de cette expérience australe.  La qualité de leur mouvement est reliée au souffle, au poids, aux énergies, aux rythmes, à l’expression de la nature.  

« Depuis 20 ans, je relie le corps dansant aux souffles de la nature, à travers l’étude et la pratique, philosophique et médicale, des anciens textes chinois (Lao Tse, Zhuangzi, Su Wen, etc…). Loin d’appartenir à un passé lointain ces textes vivants réinterrogent notre réalité d’homme moderne avec une pertinence étonnante, nous reliant sans cesse à un Ciel/Terre toujours actuel. Dans cette verticalité, à chaque instant renouvelée, notre présence et notre vécu corporel ne se distinguent pas de cette nature, que nous avons oubliée, perdue le long du chemin et détruite dans ce nouveau siècle, qui semble n’avoir comme dieu que le profit. » Paco Dècina

C’est ce que Paco Dècina a fait vivre aux élèves lors d’un atelier de pratique le lendemain matin.

La rencontre a débuté par un retour sur le spectacle et les mots étaient unanimes pour dire les émotions et l’état physique d’apesanteur du corps du spectateur que la pièce provoque par empathie. L’atelier s’est poursuivi  par un temps de pratique, un moment de retour sur soi où la respiration liée à la conscience fine du mouvement est essentielle. Le chorégraphe convoque de nombreuses images poétiques pour stimuler l’imaginaire et accueillir les sensations.

« Je travaille beaucoup sur le souffle et l’énergie. Tout le monde est relié par le même souffle. Pour moi la danse ce n’est pas le corps en mouvement mais le mouvement qui traverse le corps.»

Les propositions qui suivaient ont   amené tout le groupe vers des matières de corps présentes dans la pièce. Ces situations étaient basées sur le poids, les échanges de poids, l’équilibre et le déséquilibre, l’accompagnement du mouvement. Les élèves ont composé  de petits duos qu’ils ont présentés à la fin de l’atelier.

« Travailler sur le poids est le plus difficile même  lorsqu’on ne danse pas. 

Le groupe a été porté par le chorégraphe à cet endroit sensible de la danse où le corps traversé par le mouvement devient un canal d’énergies. La réflexion philosophique sur la nature qui a accompagné ces moments,  a ouvert la pensée et stimulé de riches échanges.

    

Catherine Moreau