«Nous venons de trop loin pour oublier qui nous sommes»

Exposition du 1er décembre 2019 au 19 janvier 2020

Installation et performance

Le Grand Café, Centre d’art contemporain

Au LiFE, Alvéole 14

Base sous-marine, Saint-Nazaire

 

Ouverture grand public du mardi au dimanche de 14h à 19h

 

Visite pour les scolaires d’une heure (cycle 2, collège et lycée recommandé)

du mardi au vendredi de 9h15 à 17h30 – uniquement sur réservation.

 

Renseignements – réservations :

Antoine Pestel, chargé des publics

02 51 76 67 01

pestela@mairie-saintnazaire.fr

 

En réalisant Nous venons de trop loin pour oublier qui nous sommes, les deux artistes font le pari d’une création hybride entre performance, film et installation en dialogue avec des habitants et leur territoire. Emmanuelle Huynh et Jocelyn Cottencin sont de disciplines différentes, pour la première la danse et la performance, pour le second les arts visuels et le graphisme, mais leurs travaux respectifs traversent des questions récurrentes qui trouvent dans cette collaboration un espace d’amplification et d’expérimentation.

 

Au travers de rencontres individuelles mais aussi par le biais d’ateliers, de workshops, Emmanuelle Huynh et Jocelyn Cottencin ont construit un récit à la fois fictionnel et documentaire. Cette mécanique des figures donne à voir un portrait multiple de Saint-Nazaire, où le collectif, la nature et le bassin industriel coexistent et se répondent pour dépeindre et rendre intelligible un paysage sensoriel particulièrement évocateur.

Ce projet à la lisière de l’anthropologie fictionnelle donne à voir un état des lieux de ces énergies et un reflet des forces en présence. Oscillant en permanence entre fragilité et puissance, gigantisme et figure humaine, Emmanuelle Huynh et Jocelyn Cottencin nous offrent un panorama des flux et des temporalités propres à cette cité portuaire.

 

L'installation s'offre comme un paysage à arpenter, ponctué d'ilots et de stations, dont le rythme correspond à celui d'une journée, du lever du jour à la tombée de la nuit. L’œuvre propose différents points de vue du territoire. Délibérément, les films adoptent le parti pris d'une vision horizontale, sans hiérarchie de valeur ou d'intensité entre les scènes captées. L'ensemble ne forme pas un environnement car il supposerait alors que notre regard soit placé au centre du dispositif. Il restitue davantage "un milieu" avec ses cycles, sa pulsation intime, un "climat" où différents agents naturels (la lumière, le vent, l'air), culturels (l'industrie, l'architecture), vivants ou apparemment inanimés (ruines, souches d'arbres, etc.) coexistent et interagissent.

 

À intervalles réguliers, des figures humaines (habitant.e.s, enfants, travailleur.se.s, seul.e.s ou avec les artistes, etc.) apparaissent dans des gestes parfois modestes du quotidien, ou en action par le corps ou le mouvement. Ces partitions dansées sont comme des incisions d’utopies passées dans le temps présent, une strate temporelle nouvelle qui sédimente ou interroge la mémoire de ces lieux : quelle actualité de ces croyances collectives pour nous aujourd'hui ?

 

En choisissant d'explorer le port, l'estuaire comme point de gravité de Saint-Nazaire, Emmanuelle Huynh et Jocelyn Cottencin ont choisi de porter un regard sur ce qui pourrait sembler comme des évidences ou même des clichés. Leur insistance à voir et ressentir le rythme si particulier de cette ville déplace le regard en dehors du spectacle attendu des chantiers et de son ballet mécanique, de la fascination qu'il exerce. Nous venons de trop loin pour oublier qui nous sommes nous invite à reconsidérer ce qu’une cité comme Saint-Nazaire, emblème de la modernité, nous apprend sur nous-mêmes, sur notre destinée collective et par extension, sur son rôle, à l'heure où les territoires sont invités à participer à l’espace globalisé du monde.

 

Accéder au site internet

 

 

 

Emmanuelle Huynh & Jocelyn Cottencin, Nous venons de trop loin pour oublier qui nous sommes, 2019

© images Jocelyn Cottencin, ADAGP, Paris, 2019.